Si vous tapez « règle 3-3-3 camping » dans un moteur de recherche, vous serez probablement submergé de conseils destinés aux retraités en camping-car : parcourir 480 km, arriver avant 15 h, rester 3 nuits. Cela sous-entend un rythme de vie tranquille, totalement incompatible avec la pratique du fastpacking ou de la randonnée ultralégère technique.
Cependant, pour ceux d’entre nous qui mesurent le succès à l’aune du dénivelé positif et de l’efficacité du parcours, nous avons adapté ces cadres numériques en indicateurs de performance. Que vous vous attaquiez à votre premier sommet de plus de 1 200 mètres ou que vous tentiez une randonnée fastpack de plusieurs jours, comprendre la version du randonneur des règles 3-3-3, 2-2-2 et 4-4-4 vous permet d’optimiser votre effort et de gérer votre fatigue. Dans ce guide, nous faisons abstraction du contexte du camping-car et nous concentrons sur la physique de la marche, l’optimisation du poids de base et le matériel nécessaire pour soutenir une activité intense sans compromettre la sécurité.
Définir les règles : Mythes du camping-car contre réalité du fastpacking
Mettons les choses au clair tout de suite. Dans le monde du camping motorisé, la règle 3-3-3 est une limitation visant à prévenir la fatigue du conducteur. En randonnée et en fastpacking, nous utilisons ces valeurs comme indicateurs de performance. Elles permettent de planifier le kilométrage journalier, de gérer le poids du sac et de fixer des heures d'arrivée afin de garantir l'installation du campement avant que la fatigue n'entraîne des erreurs.
Le cadre 3-3-3 du randonneur
Pour le fastpacker en herbe, la règle 3-3-3 est un point de repère pour la randonnée ultralégère de transition :
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3 miles par heure : Il s'agit de la vitesse moyenne cible sur un terrain modéré. Elle exige un effort cardiovasculaire important et un minimum d'arrêts.
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Capacité de 30 litres : La contrainte est mère de l'innovation. Limiter le volume de son sac à 30 litres oblige à utiliser un équipement ultraléger.
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Campement de 15 h (ou 3 heures de récupération) : Pour les étapes de longue distance, installez votre campement vers 15 h afin d’optimiser votre récupération pour le lendemain, ou prenez une pause de 3 heures avec une activité physique légère si vous continuez jusqu’à la nuit.
Contrairement à la « règle des trois » de survie (3 minutes sans air, 3 jours sans eau), il s’agit d’une stratégie logistique. Elle permet d’équilibrer l’effort et la récupération.
Les variantes 2-2-2 et 4-4-4 : Difficulté d’adaptation
Chaque randonnée n'exige pas la même intensité. Ces règles sont adaptées à l'objectif et à la difficulté du terrain.
La règle du 2-2-2 (Le randonneur du week-end)
Idéale pour ceux qui passent de la randonnée traditionnelle à un style plus léger, sans la pression intense du fastpacking.
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32 km par jour : Une distance respectable qui permet de parcourir du terrain tout en profitant de la randonnée.
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9 kg de poids total : Ce poids inclut la nourriture et l'eau. Pour respecter cette limite, votre poids de base doit probablement être inférieur à 5,5 kg.
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Durée : 2 jours : Parfait pour des randonnées d'essai le week-end afin de tester du nouveau matériel.
La règle du 4-4-4 (Le critère d'endurance)
C'est là que les choses se compliquent. La règle du 4-4-4 est souvent citée par les randonneurs au long cours qui cherchent à parcourir de longues distances ou à enchaîner des sommets.
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6,5 km/h : Réalisable sur le plat ou en descente en courant (fastpacking).
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4 000 calories : La demande métabolique à ce rythme est immense. Il est impossible de maintenir une telle dépense énergétique avec une alimentation standard.
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Ravitaillement pour 4 jours : Vous emportez de la nourriture pour quatre jours et vous vous déplacez suffisamment vite pour éviter les villages où les randonneurs plus lents devraient s’arrêter.
Remarque concernant les sommets de plus de 1 200 mètres : Lorsque ces règles sont appliquées à des sommets de plus de 1 200 mètres (comme dans les Montagnes Blanches), le calcul des distances change en raison du dénivelé positif. Dans ce cas, le « 4 » correspond souvent à un dénivelé positif de plus de 1 200 mètres par jour, plutôt qu’à la distance parcourue.
Optimisation du poids de base : la physique de la vitesse
Il est impossible de réaliser un itinéraire 3-3-3 ou 4-4-4 avec un sac de 18 kg. Les lois de la physique stipulent que la force est égale à la masse multipliée par l'accélération ; pour augmenter votre accélération (vitesse) et votre endurance, vous devez réduire la masse de votre sac.
Pour les randonnées intensives, nous prenons en compte le poids typique du sac pour les sommets de plus de 1 200 mètres et les objectifs de fastpacking :
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Traditionnel : plus de 13,5 kg (trop lourd pour le fastpacking)
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Léger : 9 kg (acceptable pour un itinéraire 2-2-2)
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Ultraléger : 4,5 à 5,5 kg (objectif pour un itinéraire 3-3-3)
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Sub-ultraléger (SUL) : moins de 3 kg (nécessaire pour la course à pied ou les efforts extrêmes en 4-4-4)
Avant d'acheter un nouveau sac en Dyneema, utilisez un calculateur de poids de sac pour évaluer votre équipement actuel. Les onces dans le tableur correspondent aux kilos sur vos genoux.
Choix des équipements : faut-il sacrifier le confort à l’efficacité ?
Passer à l'ultraléger pour respecter ces règles implique des compromis. Il est important d'aborder la réalité des abris ultralégers modernes par rapport aux tentes autoportantes traditionnelles.
Le dilemme de la tente à bâtons de randonnée
Pour atteindre un poids cible de 3-3-3, vous abandonnerez probablement la tente autoportante au profit d'un abri à bâtons de randonnée.
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Avantage : Gain de poids immédiat de 1 à 1,5 kg.
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Inconvénient (Courants d'air) : Les tentes à bâtons de randonnée à simple paroi sont intrinsèquement sujettes aux courants d'air. Cette circulation d'air est nécessaire pour éviter la condensation, mais par grand vent à 1 200 mètres d'altitude, elle dissipe la chaleur de votre équipement de couchage. Il est donc indispensable d'utiliser un matelas de sol plus isolant.
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Inconvénient (Éclaboussures) : En cas de fortes pluies, de la boue et de l'eau peuvent s'infiltrer sous le double-toit haut de certaines bâches ultralégères.
Équipements de couchage
Lorsque vous cherchez à réduire le poids, ne négligez pas l'isolation. Une couette de 20 degrés est standard, mais vérifiez le denier du tissu extérieur. Les tissus 7D permettent de gagner du poids, mais nécessitent une manipulation délicate.
Conseil : Utilisez un calculateur de capacité de tente pour vous assurer que votre abri correspond bien à vos dimensions. Les tentes ultralégères sont souvent très exiguës, ce qui peut nuire à la récupération.
Alimenter la machine : Nutrition en fastpacking
Si vous suivez la règle 444, votre alimentation nécessite un carburant de qualité supérieure. Impossible de partir en randonnée avec uniquement des nouilles instantanées. La densité calorique doit dépasser 125 calories par once.
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Stratégie : Mangez toutes les heures. N'attendez pas la pause déjeuner.
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Hydratation : Emportez moins d'eau, mais filtrez-la plus souvent. Porter 2 litres d'eau ajoute 2 kg. Si les points d'eau sont fréquents (tous les 5 km), emportez 500 ml et filtrez-les au fur et à mesure avec un filtre à pression. C'est une gestion dynamique du poids.
Consultez un planificateur de repas pour la randonnée afin de calculer précisément vos besoins caloriques en fonction de votre poids de base et du dénivelé positif quotidien.
Avertissement de sécurité : Quand enfreindre les règles
La règle 3-3-3 pour le camping est une recommandation, pas une loi. La montagne se moque de vos statistiques Strava.
La véritable règle des trois (Survie)
Ne confondez jamais vos règles de rythme de randonnée avec la règle biologique des trois. Quel que soit le poids de votre sac, vous devez pouvoir survivre :
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3 heures sans abri dans des conditions extrêmes.
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3 jours sans eau.
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3 semaines sans nourriture.
Si une tempête éclate alors que vous tentez une ascension en 4-4-4 sur une crête exposée, mettez votre ego de côté et installez le camp, même s’il n’est que 13 h et que vous n’avez pas encore atteint votre distance. Le matériel ultraléger offre souvent des marges de sécurité plus faibles : tissus plus fins, isolation moins épaisse. Il est essentiel de compenser ces lacunes par vos connaissances et votre capacité de décision.
Maîtriser la règle 3-3-3 en camping et en randonnée ne se résume pas à des chiffres ; c’est une question de discipline et de compréhension des mécanismes d’une progression efficace. Que vous adoptiez la règle accessible du 2-2-2 pour les escapades de fin de semaine ou que vous repoussiez vos limites avec des techniques de fastpacking, l’objectif reste le même : parcourir plus de distance en se fatiguant moins.
Commencez par évaluer votre équipement à l’aide d’un calculateur de poids de sac, acceptez les compromis liés à la légèreté des abris et privilégiez toujours la météo à la distance parcourue. Investissez dans le bon équipement une fois pour toutes, entraînez votre corps et les kilomètres viendront naturellement.







